John Malkovich, « un nom qui croustille »

à la UneJohn Malkovich, « un nom qui croustille »
« Monsieur Malkovich avait annoncé qu’il viendrait. Son absence en décevra plus d’un », plaisante la présidente de la 17e chambre, Fabienne Siredey-Garnier, à l’ouverture de ce procès pour diffamation le vendredi 1er juillet 2016 à Paris.
John Malkovich, « un acteur intellectuel, pas un acteur bling-bling. On ne connaît rien de sa vie privée. Il n’expose pas sa situation financière », dit son avocate. Le 10 février 2015, son nom se retrouvait pourtant en tête du « Gotha des évadés fiscaux » dans le journal Le Monde. Lire la suite « John Malkovich, « un nom qui croustille » »

« Un juge qu’on pouvait acheter »

à la Une« Un juge qu’on pouvait acheter »
Sur le banc des prévenus, un juge « banni de la justice ». Il comparaît début juin 2016 devant le tribunal correctionnel de Paris pour corruption et trafic d’influence.
Une poignée d’entrepreneurs qui grenouillaient autour de lui dix ans plus tôt dans le Pas-de-Calais comparaissent à ses côtés comme intermédiaires ou bénéficiaires supposés.
Dès les premières minutes du procès, l’un d’eux plante le décors par un lapsus à l’accent du nord : « On était convoqués chez le chti. Pardon ! Chez le psy »…

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« Une escroc, c’est comme ça ! »

« Une escroc, c’est comme ça ! »
Jeune, Rosa se contentait de voler des chèques puis elle s’est découvert des talents de bonimenteuse et devint escroc. À 48 ans dans le box de la 13e chambre du tribunal correctionnel de Paris, elle toise les juges. Ses cheveux sont tirés en chignon, les lèvres serrées en un trait sévère. Elle garde les bras croisés sur la poitrine, tout en refus. Lire la suite « « Une escroc, c’est comme ça ! » »

Au procès des Anonymous : « le prochain Jean Moulin sera un geek »

à la UneAu procès des Anonymous : « le prochain Jean Moulin sera un geek »

Trois ex-Anonymous âgés de 22, 25 et 26 ans comparaissaient le 23 février 2016 devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir piraté des sites Internet gouvernementaux et mis en ligne les données personnelles de 541 fonctionnaires de police.

Ils sont tout endimanchés, ces fameux hackers aux visages jusqu’alors inconnus, Quentin, Florent et Lucas, alignés ensemble devant le tribunal correctionnel pour répondre des faits de piratage informatique et de divulgation d’informations personnelles en février 2012. Sunki, Robert69 et Calin – leurs pseudonymes à l’époque – étaient âgés de 19, 22 et 23 ans et se réclamaient des Anonymous, communauté de hackers plus ou moins actifs selon leur engagement et leurs compétences. « Vous allez entendre parler de nos amis policiers », tweetait Calin. Mais ce sont eux qui ont eu affaire à la DCRI, puis à la justice qui leur reproche aujourd’hui d’avoir piraté le site du syndicat SGP Police FO, extrait et mis en ligne les noms, prénoms, numéros de téléphone, adresses email de 541 fonctionnaires de police, et d’avoir « défiguré » les pages d’accueil des sites immigration.gouv.fr, modernisation.gouv.fr et rgpp.modernisation.gouv.fr consacré à la diminution des dépenses de l’Etat.

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« Je ne m’engagerai pas à rembourser au-dessus de 100 € »

« Je ne m’engagerai pas à rembourser au-dessus de 100 € »

Comparutions immédiates

Les cas de cambriolages en correctionnelle ne sont pas si fréquents, tant les voleurs sont habiles. Une même équipe se trouve rassemblée dans le box : deux hommes, Dario et Erdjan, et une femme, Luana, tous trois jeunes, sveltes, le visage fermé et un peu las.

Les victimes, une médecin et une retraitée, habitantes du 16e arrondissement de Paris, sont absentes à l’audience mais une bataille de chiffres s’engage entre leurs avocats et celui de la défense autour du butin disparu et du préjudice moral. Lire la suite « « Je ne m’engagerai pas à rembourser au-dessus de 100 € » »

Deux syndicalistes CGT-Energie condamnés pour entrave à la liberté du travail

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné le 12 janvier 2016 deux syndicalistes CGT et relaxé trois autres à la suite d’un conflit social intervenu en 2008 dans une agence commerciale d’EDF.

Un pas supplémentaire vers la pénalisation des mouvements sociaux vient d’être franchi à l’issu du procès qui opposait plusieurs syndicalistes CGT à ERDF.

Serge et Franck sont tous deux reconnus coupables d’entrave concertée à la liberté du travail, avec menace pour le premier, mais aussi avec violence ou voie de fait pour le second, et condamnés à 1 000 euros d’amende avec sursis chacun.
Ils devront verser un euro de dommages et intérêts à chacune des parties civiles : deux cadres ainsi que les sociétés ERDF et GRDF.
Trois autres prévenus ont été relaxés.

Pour protester contre un licenciement jugé abusif, les militants avait bloqué l’activité d’une plateforme commerciale pendant deux jours en février 2008 et exercé une pression psychologique traumatisante sur deux chefs de service.

« Le parquet ne devrait pas interjeter appel d’une telle condamnation », prévoit Me Gosset, l’avocat des syndicalistes, espérant que Franck ne subira pas de sanction disciplinaire supplémentaire au sein de l’entreprise, Serge étant aujourd’hui retraité.

Les peines paraissent légères en comparaison aux neuf mois de prison fermes et quinze avec sursis dont ont écopé huit ex-salariés de Goodyear pour séquestration le même jour à Amiens.

@PierreAnquetin

« On m’a proposé des métiers comme croque-mort »

« On m’a proposé des métiers comme croque-mort »

Comparutions immédiates, chambre 23-2

Rue du départ dans le 14e arrondissement, Moussa, 23 ans, slalome au volant de sa Twingo avec agilité mais sans clignotants, jusqu’à se faire coincer par la police. On découvre dans le véhicule quatre téléphones et du cannabis. Déjà en mauvaise posture, Moussa a l’idée de livrer aux policiers le prénom de son frère au lieu du sien, ajoutant aux délits de conduite sans permis et sous l’emprise de stupéfiants celui de prise du nom d’un tiers. Sa dernière condamnation remonte à 2014, déjà pour conduite sans permis.

Soupir de la présidente qui demande : « vous ne travaillez pas ? »
Moussa, pas à l’aise : « On m’a proposé des métiers comme croque-mort, des métiers auxquels je n’ai pas très envie de m’attacher. »

Ses jolies réponses et les regrets exprimés par son avocate ne suffisent pas : il écope de 10 mois fermes pour la conduite et 1 mois pour l’usurpation, le tout avec mandat de dépôt. Il part en prison, résigné, sous le regard du frère et des amis, résignés.

Sur l’usurpation d’identité, lire l’analyse de Me Jamel Malem.

@PierreAnquetin