« On m’a proposé des métiers comme croque-mort »

« On m’a proposé des métiers comme croque-mort »

Comparutions immédiates, chambre 23-2

Rue du départ dans le 14e arrondissement, Moussa, 23 ans, slalome au volant de sa Twingo avec agilité mais sans clignotants, jusqu’à se faire coincer par la police. On découvre dans le véhicule quatre téléphones et du cannabis. Déjà en mauvaise posture, Moussa a l’idée de livrer aux policiers le prénom de son frère au lieu du sien, ajoutant aux délits de conduite sans permis et sous l’emprise de stupéfiants celui de prise du nom d’un tiers. Sa dernière condamnation remonte à 2014, déjà pour conduite sans permis.

Soupir de la présidente qui demande : « vous ne travaillez pas ? »
Moussa, pas à l’aise : « On m’a proposé des métiers comme croque-mort, des métiers auxquels je n’ai pas très envie de m’attacher. »

Ses jolies réponses et les regrets exprimés par son avocate ne suffisent pas : il écope de 10 mois fermes pour la conduite et 1 mois pour l’usurpation, le tout avec mandat de dépôt. Il part en prison, résigné, sous le regard du frère et des amis, résignés.

Sur l’usurpation d’identité, lire l’analyse de Me Jamel Malem.

@PierreAnquetin

 

 

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« Un chauffeur, cela m’inquiète »

« Un chauffeur, cela m’inquiète »

Camille, Régis et Isabelle ont passé le réveillon avec une minerve autour du cou. Le 28 décembre, ils regagnent la capitale par l’une des autoroutes sinueuses à la circulation rapide qui convergent vers Paris. Le moteur de leur voiture s’enraie et les oblige à stopper sur la voie d’arrêt d’urgence, dans un virage.

Quelques minutes après, Grégoire s’engage à 130 km/h, la limite autorisée, dans le même virage. Il aperçoit au dernier moment le véhicule à l’arrêt sur sa droite, le percute, ne s’arrête pas. Il emprunte la prochaine bifurcation, passe un feu, roule encore quelques mètres. C’est alors que la police l’intercepte.

Je ne me suis pas arrêté parce qu’on était dans un virage. Je voulais aller jusqu’à la station service (…). Je m’excuse d’avoir réagit comme ça, j’aurais dû m’arrêter, j’étais paniqué.

Autre problème pour Grégoire, il roulait avec 0,53 mg d’alcool dans le sang, au lieu des 0,25 mg autorisés. Et son casier n’est pas vierge : conduite en état alcoolisé, défaut d’assurance, infraction à une suspension de permis.

Mon métier de chauffeur routier me passionne. J’ai passé une formation, j’ai économisé pour la payer. J’ai un frère paraplégique, un autre incarcéré, ma mère vit seule…

La procureure :

Reconnaître les faits est un minimum. Il s’agit d’un chauffeur, cela m’inquiète. Je demande de l’aider à ne pas recommencer.

Il risque 5 ans de prison. Il est condamné à 6 mois fermes, 6 mois de sursis, une obligation de soins, un stage de sensibilisation à la sécurité routière, 700 euros de préjudice moral répartis entre les trois victimes.
L’avocat de Grégoire lui a évité la suspension de permis.

Pierre Anquetin