Conseil des prud’hommes de Paris, section Commerce

Flore a été licenciée des Galeries Lafayette après un congé maladie pour dépression. Petite femme approchant la quarantaine, elle paraît impressionnée par le conseil des prud’hommes.
S’est-elle sentie délaissée puis isolée après le départ de son chef, comme elle le dit ? Ou bien a-t-elle cherché une porte de sortie après de trop longues années au service de l’enseigne ? Les conseillers devront choisir pour lui accorder ou non la résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de l’employeur avec, à la clef, 48 000 euros de dommages et intérêts.

Elle a seulement 18 ans quand elle rentre aux Galeries en 1996 comme vendeuse. Elle est heureuse de trouver une place. L’enseigne fête alors ses 100 ans et prend le tournant de l’international en ouvrant son premier magasin à l’étranger. Flore aussi fait son chemin. Elle passe agent de maîtrise en 2005, assistante de direction aux Galeries Lafayette Voyage en 2009. Mais en février 2011 le départ de son chef à la retraite sonne la fin de cette belle évolution. Le nouveau responsable réduit le périmètre de Flore.

« Du jour où son responsable a quitté l’entreprise en février 2011, elle est restée dans un état de total délaissement, raconte son avocat. Dans cette quasi absence d’activité, ma cliente va rentrer dans une profonde dépression. »

Les arrêts pour maladies s’enchaînent, puis une déclaration d’inaptitude par la médecine du travail et, à la fin, le licenciement prononcé en 2014.

« On essaie de nous faire croire qu’il y a eu mise au placard, plaide l’avocat des Galeries Lafayette. Mais à compter de 2012, elle était encadrée. Elle a mal ressenti le départ, elle a vécu un désinvestissement par rapport à l’entreprise, et s’est inscrite dans une logique de rupture. Certaines de ses tâches ont été redéfinies. Elle devait assurer le suivi administratif de 98 personnes. »

Entre 2011 et 2014, Flore postule à cinq postes en interne, tous refusés. « Elle demandait des postes en sachant qu’elle n’avait pas le profile », conteste le conseil des Galeries.
De son côté l’employeur propose également cinq postes. « Tous à la catégorie des employés, remarque l’avocat de Flore. Sa seule qualification c’est agent de maîtrise. L’employeur n’a pas fait de recherches sérieuses. » Flore demande même une rupture conventionnelle, par deux fois rejetée.

« Avez-vous les refus de la direction à ses propositions ? Les traces écrites de ses demandes de rupture ? », s’enquiert le président. L’avocat de Flore s’empresse de les fournir avant qu’une nouvelle affaire soit appelée. La décision du conseil des prud’hommes sera mise à disposition le 1er mars.

Pierre Anquetin sur Place du tribunal

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